Netflix se retrouve au cœur d’un affrontement spectaculaire dans le streaming. En effet, Paramount a relevé son offre pour racheter Warner Bros Discovery et contrer Netflix. Montants vertigineux, stratégie industrielle et bataille boursière : cette acquisition pourrait redessiner durablement l’équilibre mondial des studios.
Netflix menacé par l’offensive de Paramount sur Warner

Depuis le 18 février 2026, date à laquelle les discussions se sont accélérées, Netflix est engagé dans une lutte ouverte avec Paramount pour prendre le contrôle de Warner Bros Discovery. Or, derrière ce duel entre géants du streaming, se joue bien davantage qu’un simple rachat : il s’agit d’une bataille stratégique pour les studios, les franchises et les plateformes qui façonnent aujourd’hui l’économie mondiale du divertissement.
Netflix face à Paramount : une guerre d’acquisition pour les studios Warner
D’abord, Netflix a formulé une offre en numéraire de 27,75 dollars par action pour reprendre certains actifs stratégiques de Warner Bros Discovery, soit environ 82,7 milliards de dollars, selon Reuters le 24 février 2026. Converti au taux actuel, cela représente environ 76 milliards d’euros. Cependant, Paramount a immédiatement contre-attaqué, proposant 30 dollars par action, valorisant l’ensemble à près de 108,4 milliards de dollars, soit environ 100 milliards d’euros. Ainsi, la plateforme se retrouve confronté à une surenchère massive sur des studios historiques.
Warner a accordé à Paramount un délai de sept jours pour présenter une offre dite « meilleure et finale ». En conséquence, Netflix se retrouve sous pression, car le conseil d’administration de Warner avait initialement recommandé son offre, même si une amélioration substantielle pourrait modifier cet équilibre.
Netflix et l’enjeu stratégique des franchises Warner
Si Netflix vise Warner, ce n’est pas un hasard. En effet, derrière le nom Warner se cachent des actifs majeurs : les studios Warner Bros, HBO et la plateforme HBO Max. Or, pour Netflix, intégrer ces studios permettrait d’accéder à des franchises mondiales, mais aussi à un catalogue premium susceptible d’alimenter sa croissance internationale. De plus, dans un marché saturé, la consolidation devient une arme de survie. La plateforme cherche donc à sécuriser du contenu exclusif, tandis que Paramount entend défendre sa propre position face aux mastodontes du streaming.
Cependant, la bataille financière s’intensifie. Des analystes estiment qu’« une offre d’environ 34 dollars par action mettrait fin à la guerre d’enchères ». À ce niveau, la valorisation dépasserait les 120 milliards de dollars, soit plus de 110 milliards d’euros. En outre, Paramount s’est engagé à payer 2,8 milliards de dollars de frais de rupture si Warner choisissait finalement Netflix. Ce montant, supérieur à 2,6 milliards d’euros, montre à quel point l’acquisition est jugée stratégique. Par conséquent, Netflix doit arbitrer entre surenchérir ou préserver sa discipline financière.
Netflix, marchés financiers et recomposition du streaming
Au-delà des montants, cette confrontation révèle une recomposition du paysage mondial. D’un côté, Netflix reste le leader du streaming par le nombre d’abonnés. De l’autre, Paramount cherche à se renforcer face à des groupes intégrés capables de contrôler production, distribution et diffusion. Ainsi, si Paramount l’emporte, le secteur pourrait basculer vers une concentration accrue des studios traditionnels. À l’inverse, si Netflix gagne, il deviendrait non seulement un diffuseur, mais aussi un acteur dominant de la production hollywoodienne.
Enfin, le calendrier ajoute une tension supplémentaire. Un vote des actionnaires de Warner est prévu le 20 mars 2026. D’ici là, Netflix devra clarifier sa stratégie. Car, en effet, surpayer pourrait fragiliser son bilan, alors que renoncer laisserait un concurrent consolider un empire de studios. Dans tous les cas, cette acquisition potentielle redéfinit les règles du jeu. Et, désormais, le streaming ne se résume plus à une guerre d’abonnés : il s’agit d’une bataille industrielle où chaque milliard d’euros compte.
