L’armée US n’a qu’un intérêt en tête : le sien

Par Bill Bonner Publié le 24 février 2020 à 14h47
Budget Defense Hausse 1
693 MILLIARDS $Le budget pour la Défense aux Etats-Unis était de 693 milliards de dollars en 2019.

L’armée et le secteur de la défense américains ne sont plus ce qu’ils étaient. Désormais, c’est avant tout à eux-mêmes qu’ils pensent…

De toutes les agences superflues et départements escrocs des bayous marécageux du Deep State, l’armée tient le dessus du pavé. Elle est considérée par beaucoup comme étant l’institution la plus fiable des Etats-Unis. Dans de nombreux cercles, critiquer « nos boys en uniforme » est considéré comme anti-patriotique, presque de la trahison.

Nous ne critiquons pas les soldats. Ce sont leurs chefs – avec ou sans uniforme – que nous visons. Non seulement ils gâchent des milliers de milliards de dollars, mais ils utilisent les vies de leurs hommes et de leurs femmes comme s’il s’agissait de soldats de plomb. Ils en envoient 1 000 dans un enfer, 1 000 dans un autre. Ils demandent à certains de tuer. D’autres perdent leurs jambes sur une mine.

Quant au patriotisme, il est considéré comme négligeable. On l’utilise comme la Réserve fédérale utilise la fausse monnaie – pour escroquer le public.

Le patriotisme authentique, comme la vraie monnaie, est en quantité limitée. Il est précieux. Gaspillez-le en guerres idiotes, et il ne vous en restera plus lorsque les choses commenceront vraiment à chauffer.

(Le doute n’est pas permis, au passage, sur notre propre patriotisme. Si le Maryland est un jour envahi de hordes de Chinois ou de New Yorkais, nous serons parmi les premiers à fuir en traversant le fleuve Chesapeake. S’ils tiennent autant au Maryland, il est à eux.)

Mésaventures en Irak

Mais revenons-en au Pentagone.

La caractéristique définissant un empire reste son armée. Il utilise les forces armées pour diriger les autres nations. Ensuite, à mesure que l’empire vieillit et dégénère, l’armée se débarrasse généralement de ses entraves civiles… et cesse tout à fait de servir la patrie ; désormais, elle se sert avant tout elle-même.

Telle est la véritable explication des mésaventures du Pentagone en Irak, en Afghanistan et ailleurs.

Combien de citoyens ordinaires auraient été prêts à sacrifier leurs enfants… ou leur argent… pour aller piétiner les chiites, ou les sunnites, ou les Druzes, ou les zoroastriens, les Kurdes, les wahhabites, les Pachtounes, les Pendjabis, les Baloutches, les Guilakis, les Kawliyas, les Lors, les Mazandéranis, les Nawars, les Tats et toutes les autres tribus occupant le Moyen-Orient ?

Les Etats-Unis n’avaient aucun enjeu dans ces combats. Qui étaient les gentils ? Qui étaient les méchants ? Qui le savait ? Personne…

Mais le Deep State n’avait pas besoin d’être fixé. La guerre contre la terreur a apporté à la défense et à ses sous-traitants des milliards de dollars. Elle a apporté des stocks options, des contrats de consultance, des sinécures au sein de think tanks, des promotions, des médailles et de belles maisons dans des quartiers huppés.

Pour les dirigeants de l’ensemble défense/industrie/surveillance, 56 000 victimes américaines – dont 10 000 morts –, et jusqu’à un million de morts parmi les populations locales, devait sembler être un prix léger à payer. Par rapport à la Première ou la Deuxième guerre mondiale, ou encore la Guerre du Vietnam, c’était une bonne affaire.

A présent, il semble qu’un nouveau traité de paix avec l’Afghanistan remette les choses plus ou moins là où elles étaient avant que les Etats-Unis n’y mettent leur nez. Quant à l’Irak, il veut chasser les soldats américains de son sol.

Un commandant qui aurait vraiment le sens de l’honneur se plongerait sa propre épée dans la poitrine, comme Brutus après avoir été vaincu par Marc Antoine – ou Marc Antoine lui-même après sa défaite contre Octavien.

Au minimum, il devrait rentrer chez lui… et, au plus noir de la nuit, prier pour le pardon d’un dieu généreux.

Mais ce n’est pas du tout ce qu’il se passe, comme nous le verrons demain.

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Fondateur et président d'Agora Inc., une maison d'édition publiant des lettres d'information financières pour les investisseurs particuliers.

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