Le pétrole bon marché, c’est l’avenir

Par Olivier Sancerre Modifié le 29 novembre 2022 à 10h07

L'OPEP, l'Organisation des pays producteurs de pétrole, vient de rappeler avec force que c'est elle qui conservait jalousement les clés de la prospérité mondiale. Le rassemblement ne compte pas abaisser sa production pour faire remonter les prix.

L'OPEP ne veut pas augmenter les prix

Ali al-Naimi, ministre saoudien du pétrole depuis 1995 et considéré comme le véritable patron de l'OPEP, a déclaré au Financial Times qu'il n'était pas dans l'intérêt des pays producteur de pétrole de revoir les prix à la hausse. De fait, le signal envoyé est clair : il n'est pas question de modifier le volume de production, et ce même si le prix du baril descendait sous les 20$.

L'OPEP joue sur du velours : le coût de production d'un baril se situe entre 4 et 5$. Même à 20$ ou moins, les producteurs continuent donc d'engranger les bénéfices… Les économies dépendantes au pétrole n'ont donc pas fini de profiter du pétrole bon marché, et la perspective d'un baril qui reviendrait à 100$ ne risque pas de se reproduire si tôt.

Une décision contre le pétrole de schiste

A priori, c'est plutôt une bonne nouvelle pour les consommateurs : un pétrole moins cher équivaut presque mécaniquement à du pouvoir d'achat supplémentaire. Oui mais voilà, la raison pour laquelle l'OPEP ne veut pas revoir sa production est purement politique : l'organisation ne veut plus voir ses parts de marché s'effriter face au pétrole et au gaz de schiste.

Cette décision de ne pas augmenter les prix va durablement affecter le secteur de la production de cette énergie très chère… mais qui, avec un baril situé entre 70 et 80$, restait compétitive. Avec du pétrole à 20$, c'est évidemment beaucoup moins le cas. Les États-Unis, qui ont tout misé sur la production interne pour devenir énergiquement indépendants, vont commencer à voir poindre les premières faillites de ce qui ressemble à une nouvelle crise des subprimes : les industriels du pétrole ont en effet investi 500 milliards de dollars pour se payer leurs forages. Qui risquent bien d'être beaucoup trop onéreux face à un pétrole si peu cher…

Les prix à la pompe devraient continuer à baisser.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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