La juste rémunération des agriculteurs, un mirage dans la plupart des filières

Par Anton Kunin Modifié le 20 juin 2018 à 8h09
Prix Remuneration Agriculteurs Valeur Alimentation
14,6%La production agricole domestique capte 14,6% des sommes dépensées par les ménages au titre d'alimentation.

Après les fortes baisses de 2014 et 2015 et la stagnation de 2016, les prix des produits agricoles affichent une hausse modérée en 2017 (+3% en moyenne). Il n’empêche que dans certaines filières, les coûts de production restent supérieurs à la rémunération perçue par les agriculteurs, révèle l’Observatoire annuel des prix et des marges de FranceAgriMer.

Prix agricoles : des hausses temporaires et très liées à la conjoncture

En 2017, les prix auxquels les agriculteurs ont écoulé leur production aux transformateurs et grossistes ont augmenté de 3% en moyenne. À première vue, une telle progression, supérieure à l’inflation, aurait pu susciter l’optimisme, mais en réalité la situation est tout sauf réjouissante pour les agriculteurs, puisque cette hausse ne compense même pas les baisses subies les trois années précédentes. En 2017, les seules filières où les prix payés aux producteurs agricoles ont pu couvrir leurs coûts de production sont le lait et le porc.

Rien ne permet en revanche d’affirmer que cette situation va durer : le prix du porc (+6%) a certes bien progressé en début d’année grâce à une forte demande des acheteurs chinois, mais a ensuite chuté brutalement dès le troisième trimestre. Quant aux prix du lait (+13%), leur redressement s’explique par l’envolée exceptionnelle du prix du beurre fin 2017, sans que cette envolée ait une incidence sur la rémunération des éleveurs.

Blé, fruits, légumes, boucherie… : les marges des agriculteurs ne progressent pas

Le prix du blé dur à la production a continué de baisser en 2017 (-7% par rapport au niveau déjà bas de 2016), malgré un rendement en hausse. Le prix des légumes affiche une baisse de 5% (les volumes restant stables), et le prix des fruits reste stable avec des volumes en hausse, le revenu moyen des producteurs pourrait donc avoir baissé dans les deux cas, poussé par une hausse des charges. Mais il est impossible de l’affirmer avec certitude, l’Observatoire ne disposant pas de données de coûts de production ni de revenu pour 2017. Les prix des animaux de boucherie, quant à eux, progressent (+3,6% sur les bovins, par exemple), mais les marges nettes diminuent.

Globalement, sur les 233 milliards d’euros de consommation alimentaire des ménages, la production agricole domestique représente 14,6%, la transformation, le transport et la vente représentant 66%. 10,3% de la consommation alimentaire des ménages correspond à l’achat de produits alimentaires importés prêts à la consommation. La valeur ajoutée de l’agriculture dans la production alimentaire reste modeste (10%).

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