Soldes : les commerçants y voient de moins en moins d’intérêt

Par Anton Kunin Modifié le 18 février 2017 à 0h39
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60 %60 % des commerçants interrogés par la CCI affirment que le « cru » 2017 des soldes leur a rapporté moins que celui de 2016.

C’est bien connu : depuis quelques années, les soldes sont en perte de vitesse. Les commerçants y croient de moins en moins, et la Chambre de commerce et d'industrie Paris Ile-de-France s’en inquiète. Pour connaître les raisons de ce désamour, l’institution a décidé de mener une enquête auprès de commerçants parisiens, et en présente aujourd’hui les résultats.

Soldes d’hiver 2017 : 64 % des commerçants se disent insatisfaits

Interrogés par un représentant de la CCI, 29 % des commerçants se disent « plutôt pas satisfaits » et 35 % « pas du tout satisfaits » de leurs ventes au cours de ces soldes d’hiver 2017.

Seuls 63 % des commerçants ont déclaré avoir vendu plus pendant les soldes qu’en temps normal. En termes de chiffre d’affaires, le surplus constaté n’a jamais été supérieur à 20 %. Pire, 31 % des commerçants affirment n'avoir réalisé aucun gain supplémentaire. À l’issue des soldes d’hiver 2016, ils étaient « seulement » 26 % à l’estimer.

Pour 60 % des commerçants, le panier moyen lors de ces soldes 2017 a été inférieur à celui qu’ils ont pu avoir pendant les soldes 2016. Pour 30 % des commerçants, il reste stable. Enfin, en tirant un bilan d’ensemble, 60 % des commerçants affirment que le « cru » 2017 des soldes leur a rapporté moins que celui de 2016.

Baisse d’intérêt pour les soldes : les raisons du désamour sont multiples

Si les commerçants sont très nombreux à constater une perte d’intérêt vis-à-vis des soldes chez les clients, ils n’interprètent pas les raisons de ce phénomène de la même manière. Pour 84 % d’entre eux, ce désamour est dû à la dégradation du budget des ménages : étant contraints dans leurs dépenses, les consommateurs feraient des arbitrages, et leur choix n’irait pas nécessairement vers l’habillement. D’autres estiment que les consommateurs sont devenus très sensibles aux prix, au point de faire passer le critère de la qualité deuxième. D’autres encore constatent que les consommateurs sont devenus moins spontanés, qu’ils font moins d’achats « coup de cœur ».

Pour 66 % des commerçants, la raison de la perte d’engouement pour les soldes est à chercher du côté du choix de leurs dates. Les gérants de magasins interrogés jugent la date du début des soldes trop tardive : entre le 2 janvier et le début des soldes, les commerçants ont tout le temps de mener des opérations de type « pré-soldes » ou « vente privée ». Ainsi, même avant le jour du lancement des soldes, de nombreux clients ont déjà pu profiter d’un rabais pour acheter ce dont ils avaient besoin. 71 % des commerçants interrogés auraient préféré que les soldes démarrent juste après les fêtes, dès le 2 janvier. Par ailleurs, 22 % des commerçants trouvent la durée des soldes (six semaines) trop longue : deux semaines semblent à la grande majorité d’entre eux un délai suffisant.

Même peu satisfaits, les commerçants continuent à tenir aux soldes

Et même si les commerçants sont nombreux à ne pas être contents de ce que leur rapportent les soldes, ils ne comptent pas abandonner les opérations de démarque pour autant. 60 % des commerçants interrogés ont proposé à leurs clients des promotions ou des ventes privées avant la période des soldes, et 45 % envisagent même d’en proposer dans les prochains mois. Par ailleurs, 81 % des commerçants se disent fermement opposés à la suppression des soldes. Et s’il en fallait une preuve, 43 % des commerces qui n’ouvrent pas habituellement le dimanche l’ont fait lors du premier dimanche des soldes.

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