Si les fruits voient leurs prix se stabiliser cet été, les légumes repartent fortement à la hausse, nous apprend l’association Familles Rurales dans son dernier Observatoire. Courgettes, tomates ou encore haricots verts enregistrent des augmentations parfois supérieures à 30%.
Prix des légumes : les courgettes et tomates font exploser le ticket de caisse

Les légumes sont les produits qui augmentent le plus
Faire le plein de légumes pour préparer une ratatouille ou une salade estivale pèse davantage sur le portefeuille cette année. Dans son Observatoire 2026 des prix des fruits et légumes, l'association Familles Rurales constate une hausse moyenne de 10% des prix des légumes en agriculture conventionnelle et de 7% en bio. À l'inverse, les fruits résistent mieux : leurs prix sont quasiment stables en conventionnel (-0,2%) et reculent même de 10% en agriculture biologique. Pour les consommateurs, cette évolution est loin d'être anecdotique. Les produits les plus présents dans les paniers d'été figurent justement parmi ceux dont les prix progressent le plus fortement.
La surprise vient d'abord des courgettes. Indispensables pour les gratins, les poêlées ou les ratatouilles, elles affichent la plus forte hausse de l'année avec un bond de 32% en agriculture conventionnelle. En bio, elles progressent également de 28%. Les tomates grappe suivent de très près. Leur prix grimpe de 31% en un an. Un coup dur pour les ménages qui les consomment quotidiennement en salade ou dans les sandwichs durant la période estivale.
Autre produit incontournable de la saison, les haricots verts voient leur prix augmenter de 24% en conventionnel et de 19% en bio. Ils figurent désormais parmi les légumes les plus chers du panier étudié, avec un prix moyen de 7,14 euros le kg en conventionnel et près de 13 euros en agriculture biologique. Les poivrons verts progressent également, notamment en bio, où leur prix augmente de 19%.
En revanche, tous les légumes ne sont pas touchés par cette inflation. Les consommateurs peuvent encore réaliser quelques économies sur les oignons, dont les prix reculent de 23% en conventionnel, ou sur les pommes de terre (-13%), qui demeurent les légumes les plus abordables du panel étudié.
Pourquoi les prix des légumes grimpent-ils autant ?
Selon Familles Rurales, cette flambée est d'abord liée aux conditions météorologiques du printemps. Les épisodes de fortes pluies, suivis d'une période fraîche puis d'importantes chaleurs, ont perturbé les cultures françaises. Ces difficultés ont également touché l'Espagne et le Portugal, deux fournisseurs majeurs du marché français. Résultat : les volumes disponibles ont diminué, alors que la demande reste soutenue pendant l'été.
Cette situation concerne particulièrement les légumes de saison, dont la production dépend fortement des conditions climatiques. Une baisse des récoltes suffit à déséquilibrer le marché et à provoquer des hausses rapides des prix en rayon.
Les fruits connaissent une trajectoire différente. Les récoltes ont été plus abondantes pour plusieurs espèces, ce qui explique la stabilité observée en conventionnel et le recul enregistré en bio.
Des courses toujours plus coûteuses
Au-delà de ces hausses de 2026, l'association rappelle que la tendance est installée depuis plusieurs années. En s'appuyant sur les données de l'INSEE, Familles Rurales indique que les prix des légumes frais ont augmenté de 62% depuis 2015, contre 54% pour les fruits et 21% seulement pour l'inflation générale.
Cette évolution se traduit directement sur le budget des ménages. Une famille de quatre personnes qui souhaite respecter les recommandations nutritionnelles doit désormais prévoir environ 162 euros par mois pour acheter un panier de fruits et légumes conventionnels. Le budget grimpe à 265 euros si tous les produits sont issus de l'agriculture biologique.
Autre enseignement marquant : même les paniers composés des fruits et légumes les moins chers deviennent plus coûteux. Selon Familles Rurales, le panier constitué des cinq fruits et légumes conventionnels les moins chers affiche une hausse de 15% sur un an.
Comment limiter la facture au rayon fruits et légumes ?
L'étude montre qu'il reste possible de réduire le montant des courses en adaptant ses achats. Les pommes de terre et les oignons figurent parmi les rares légumes dont les prix reculent cette année. Les consommateurs peuvent également profiter du recul des prix des fruits biologiques, en baisse de 10% en moyenne, pour rééquilibrer leurs achats entre fruits et légumes.
À plus long terme, Familles Rurales estime néanmoins que la question dépasse les seuls comportements des consommateurs. L'association appelle les pouvoirs publics à faciliter l'accès à une alimentation saine et soutient une proposition de loi visant à créer un panier de produits bons pour la santé vendu à prix coûtant. Elle rappelle également cette formule de Serge Papin : « Le coco de Paimpol finance le coca d'Atlanta ». Une manière d'illustrer, selon elle, que les marges réalisées sur certains fruits et légumes participent à la rentabilité globale des enseignes.
Pour les ménages, le constat est clair : si les fruits offrent cette année un peu de répit, les légumes emblématiques de l'été risquent de peser sensiblement plus lourd sur le ticket de caisse.
