Après des années compliquées, un acteur-clé du transport public parisien retrouve de l’air : la RATP. Nouveau contrat, désengagements stratégiques, et coûts en baisse : la recette semble fonctionner.
Transports : la RATP est enfin redevenue rentable

153 millions d’euros de bénéfice net au premier semestre 2025. Pour la RATP, ce chiffre marque une rupture nette avec trois exercices dans le rouge. L’heure du rebond a sonné.
RATP : un chiffre d’affaires porté par les filiales et les contrats étrangers
La RATP, régie autonome des transports parisiens, affiche un bénéfice net de 153 millions d’euros pour le premier semestre 2025. Une première depuis trois ans. Le groupe avait enregistré 129 millions d’euros de perte au premier semestre 2023, puis 54 millions un an plus tard. Cette fois, le cap est clairement franchi.
Le chiffre d’affaires, lui aussi, est en nette progression. Il atteint 3,9 milliards d’euros, soit +13 % par rapport à 2024. Un retour à la rentabilité permis par plusieurs leviers activés en parallèle, à commencer par un changement de cap stratégique sur les activités internationales.
Les filiales du groupe prennent de plus en plus de poids dans les comptes. Elles représentent désormais 31 % du chiffre d’affaires, contre 27 % en 2024, et emploient 28 500 personnes (contre 43 500 pour la maison mère). La RATP Dev, en particulier, a tiré profit de la mise en service de réseaux à Lyon, Caen et Riyad, mais aussi d’une cession importante à Londres.
En février 2025, la régie a mis fin à son activité déficitaire de bus londoniens, ce qui lui a permis d’économiser environ 30 millions d’euros sur le semestre. Autre décision clé : la renégociation du contrat de transport en Toscane, pour réduire les coûts.
Un contrat clé avec Île-de-France Mobilités
Autre levier de redressement : un nouvel accord signé mi-juillet 2025 avec Île-de-France Mobilités, qui prévoit une meilleure rémunération en échange d’objectifs de productivité. Ce contrat a eu un effet rétroactif sur tout le premier semestre, impactant directement les résultats financiers de la RATP.
En parallèle, la qualité de service s’est améliorée. Moins d’absences, moins de pannes, donc moins de réfactions (pénalités financières pour service non conforme) et plus de bonus dans les contrats, selon le directeur financier Jean-Yves Leclercq.
Dernier coup de pouce, mais pas des moindres : la baisse des prix de l’énergie, qui a permis à la RATP de réduire ses dépenses d’environ 20 millions d’euros au premier semestre. Côté dette, l’évolution reste modérée : elle n’a augmenté que de 30 millions d’euros entre juin 2024 et juin 2025, pour atteindre 6,285 milliards d’euros.
Le président du groupe et ancien Premier ministre, Jean Castex, s’est félicité dans un communiqué : « Nous avons franchi avec succès des jalons majeurs au cours des derniers mois, qui permettent au groupe RATP de se projeter avec confiance dans l’avenir ».