Alors que l’hiver s’installe durablement, les virus respiratoires reviennent en force. La grippe et la bronchiolite progressent désormais sur l’ensemble du territoire métropolitain, touchant tous les âges et mobilisant les structures de santé. Tandis que la Corse reste en phase précoce de circulation virale, les autres régions entrent en phase épidémique, d’après les données hebdomadaires de Santé publique France. Ce double front viral pèse sur les services hospitaliers, en particulier les urgences pédiatriques.
Santé : grippe et bronchiolite en forte progression, toutes les régions touchées sauf la Corse

La grippe s’étend rapidement sur le territoire métropolitain
Le 10 décembre 2025, Santé publique France a confirmé une progression rapide de la grippe en France métropolitaine. Selon le dernier bulletin national sur les infections respiratoires aiguës, “l’ensemble des régions hexagonales est désormais en phase épidémique, à l’exception de la Corse qui reste en phase pré-épidémique”. Les indicateurs sont clairs : la circulation du virus s’intensifie “dans toutes les classes d’âge”, avec un bond des consultations en médecine de ville et une hausse marquée des passages aux urgences pour syndromes grippaux, y compris chez les enfants. Le réseau Sentinelles rapporte une augmentation nette des consultations liées à la grippe, ce qui confirme une large dissémination du virus à travers les départements.
Sur le plan virologique, les analyses de prélèvements montrent une prédominance des virus grippaux de type A, notamment la souche A(H3N2), dont le sous-clade K est particulièrement surveillé. Cette caractéristique explique en partie l’augmentation des cas malgré la campagne vaccinale en cours. À cette diffusion s’ajoute une pression croissante sur les hôpitaux. Les données montrent une hausse notable des hospitalisations en lien avec la grippe, en particulier chez les plus de 65 ans, une population vulnérable souvent sujette aux complications. Cette dynamique, déjà perceptible en semaine 48 (24 au 30 novembre), tend à s’amplifier à l’approche des fêtes, période traditionnellement propice à la transmission virale.
Une bronchiolite déjà bien installée
Contrairement à la grippe, la bronchiolite, causée par le virus respiratoire syncytial (VRS), touche principalement les nourrissons. Et cette saison 2025-2026 se distingue par une diffusion rapide et généralisée du virus. Au 3 décembre 2025, douze régions de France métropolitaine sont en phase épidémique de bronchiolite, selon le bulletin hebdomadaire de Santé publique France. Seule la Corse demeure, à ce stade, en phase de vigilance. Les services pédiatriques sont particulièrement concernés. L'Île-de-France a dû organiser le transfert de seize bébés vers d'autres régions pour désengorger les hôpitaux saturés.
Ce phénomène, bien que localisé, traduit l’intensité de la vague virale actuelle. Le VRS est un virus saisonnier qui sévit généralement de novembre à janvier, avec un pic attendu vers la fin décembre. Il se manifeste par une inflammation des petites bronches, rendant la respiration difficile chez les nourrissons, notamment les moins de 6 mois. Les chiffres issus de la surveillance hospitalière montrent une progression continue des passages aux urgences pour bronchiolite, avec une incidence particulièrement élevée chez les enfants de moins d’un an. La Martinique et la Guadeloupe, territoires ultra-marins également surveillés, sont quant à elles en phase pré-épidémique, ce qui laisse présager une montée progressive du virus dans ces zones également.
Une pression sanitaire cumulée, à surveiller de près
Si la grippe et la bronchiolite se distinguent par leurs publics cibles, leur circulation simultanée représente un défi majeur pour les établissements de santé. L’une touche toutes les générations, l’autre concentre ses effets sur les plus jeunes : ensemble, elles mobilisent l’ensemble de la chaîne sanitaire. Cette convergence est d’autant plus préoccupante que les pics épidémiques des deux pathologies pourraient coïncider. Une telle situation, déjà observée par le passé, entraîne une saturation des structures hospitalières, notamment les services de réanimation pédiatrique et les urgences. À cette double pression virale s’ajoute la circulation du SARS-CoV-2, certes plus discrète cet hiver, mais toujours présente dans les indicateurs de surveillance.
Les autorités sanitaires insistent sur la nécessité de maintenir une vigilance maximale. La vaccination contre la grippe, bien qu’imparfaite face à certaines mutations virales, reste recommandée. Elle est essentielle pour les personnes à risque, dont les personnes âgées, les femmes enceintes et les patients immunodéprimés. Aucune donnée précise sur la couverture vaccinale actuelle n’a encore été diffusée, mais les campagnes se poursuivent dans toutes les régions. Concernant la bronchiolite, les gestes barrières, bien que moins appliqués qu’en période de pandémie, demeurent efficaces. Par ailleurs, des traitements préventifs ciblés comme les anticorps monoclonaux commencent à être utilisés chez les nourrissons les plus fragiles, bien que leur diffusion reste encore limitée.
Face à cette situation, le rôle des médecins généralistes, des pédiatres et des pharmaciens est essentiel. Ils constituent le premier rempart pour détecter, orienter et prévenir les complications. La surveillance épidémiologique reste également essentielle pour anticiper les besoins en lits hospitaliers et organiser, le cas échéant, des transferts interrégionaux comme ceux déjà observés en pédiatrie.
