Les résultats du deuxième trimestre 2026 de Stellantis confirment un redressement opérationnel incontestable, avec une progression du chiffre d’affaires de 13 % et une marge remontant de 0,6 % à 1,8 %. Cependant, la rentabilité absolue reste très inférieure aux standards historiques, et le marché sanctionne une reprise jugée insuffisante, notamment en Amérique du Nord où la marge n’atteint que 1,6 %.
Stellantis : le redressement se précise, mais la rentabilité reste sous surveillance
Les résultats du deuxième trimestre 2026 confirment que Stellantis a probablement franchi le point bas de sa crise opérationnelle. Le chiffre d'affaires progresse de 13 %, à 43,5 milliards d'euros, tandis que les volumes augmentent de 10 %. Surtout, le résultat opérationnel ajusté atteint 773 millions d'euros, contre seulement 213 millions un an plus tôt. La marge remonte ainsi de 0,6 % à 1,8 %. Le redressement est incontestable, mais le niveau absolu de rentabilité demeure encore très inférieur aux standards historiques du constructeur.
L'amélioration repose principalement sur la normalisation de la production et les économies industrielles. Ces dernières apportent près de 1,9 milliard d'euros au résultat trimestriel, grâce à une meilleure efficacité des usines et à la baisse de certains coûts réglementaires. Les volumes contribuent également positivement, notamment en Amérique du Nord, où les ventes progressent de 6 % et où Stellantis retrouve un résultat opérationnel positif. Le retour de modèles plus rentables, comme le Ram 1500 TRX, constitue un levier important pour restaurer le mix.
En revanche, la chute d'environ 5 % du titre en préouverture traduit toutefois le décalage entre l'amélioration publiée et les attentes déjà intégrées par les investisseurs. Le marché semble surtout sanctionner une reprise encore insuffisamment rentable en Amérique du Nord, malgré la bonne progression de l'activité. Par ailleurs, la marge dans cette zone géographique ne dépasse pas 1,6 %, loin des niveaux historiques.
La qualité du rebond interroge également, car il repose largement sur les économies de coûts, tandis que l'effet prix reste négatif de 456 millions d'euros. À cela s'ajoutent des stocks américains élevés, représentant 92 jours de ventes, qui pourraient imposer davantage de promotions si la demande ralentissait.
L'Europe demeure par ailleurs déficitaire malgré la hausse des ventes, sous l'effet de la concurrence, des pressions tarifaires et d'un mix électrique moins favorable. La génération de trésorerie constitue néanmoins un signal encourageant. Le free cash-flow industriel atteint 1 milliard d'euros sur le 2e trimestre, même s'il reste négatif de 921 millions sur l'ensemble du semestre.
Stellantis conserve donc un bilan solide et confirme ses objectifs annuels. Pour convaincre durablement le marché, le groupe devra désormais démontrer que la reprise des volumes peut se traduire par une amélioration structurelle des prix et des marges.
