Tickets restaurants : l’UMIH vent debout après l’autorisation du dimanche

Le gouvernement vient d’autoriser l’utilisation des tickets restaurants le dimanche. Les professionnels de la restauration s’en inquiètent. L’UMIH, principal syndicat du secteur, s’insurge contre cette mesure.

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By Cédric Bonnefoy Published on 26 juin 2025 11h30
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Tickets restaurants : l’UMIH vent debout après l’autorisation du dimanche - © Economie Matin
2027Le monde la restauration est vent debout depuis l’autorisation d’utilisation des tickets restaurants le dimanche.

L’UMIH refuse l’utilisation des tickets restaurants le dimanche

La ministre déléguée au Commerce, Véronique Louwagie, a dévoilé les contours d’une réforme de grande ampleur concernant les tickets restaurants. Une décision en apparence anodine : autoriser leur utilisation le dimanche. Sauf que cette annonce a déclenché une déferlante de colère dans le secteur de la restauration. L’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) hausse le ton : c’est non.

« Je ne peux pas me réjouir de ce séisme qui va frapper le secteur de la restauration. C’est une baisse importante de notre activité », a lancé Franck Chaumès, président de la branche restauration de l’UMIH, sur RMC. Et les chiffres donnent le vertige : selon l’UMIH, la profession a perdu 9,2 points de parts de marché entre fin 2022 et début 2025, au profit de la grande distribution. Cela représente 900 millions d’euros évaporés annuellement pour les restaurants.
Pour lutter contre l’explosion des prix dans les rayons, le gouvernement avait autorisé l’utilisation des tickets restaurants dans les supermarchés. De plus, la mesure permet d’acheter des produits non directement consommables, une hérésie selon les restaurateurs.

Romain Vidal, représentant du syndicat GHR (Groupement des Hôtelleries & Restaurations), s’indigne. Selon lui, avec ce genre de décisions, le gouvernement préfère engraisser les supermarchés et les multinationales, au détriment des commerces de proximité.

Le piège de la dématérialisation et des commissions

Autre point de crispation : la fin des tickets papier et l’imposition de la dématérialisation. L’UMIH y voit une barrière supplémentaire pour une partie des établissements. La réforme n’apaise pas non plus les tensions sur les commissions prélevées par les émetteurs de titres.

Certes, la ministre Véronique Louwagie promet un geste : « trois mois aux acteurs de la filière pour réduire les commissions ». Mais aucun plafonnement n’est prévu. L’UMIH y voit un simple « épiphénomène » et dénonce un marché verrouillé. La suppression de la CNTR (Commission nationale des titres-restaurant) et le transfert de l’habilitation à la Banque de France suffiront-ils ? Rien n’est moins sûr.

Mais le mal est fait. L’UMIH, appuyée par le GHR, prépare un plan de riposte. Si aucune inflexion n’est apportée, elle n’exclut pas de demander une requalification juridique des tickets restaurants en « titres alimentation », un changement de nature qui bouleverserait leur régime fiscal. Ce serait une onde de choc pour les entreprises comme pour les salariés.

Cette réforme, qui s’appliquera à partir de 2027, va plus loin : extension géographique nationale, maintien du plafond journalier de 25 euros, suppression du format papier au 28 février 2027, obligation d’utilisation dans l’année. Pour la ministre, il s’agit de « simplifier, sécuriser et moderniser » un dispositif « très apprécié des salariés », en phase avec les usages contemporains. Elle souligne que « six Français sur dix préparent leurs repas à domicile avant de les emporter au travail ».

Cedric.bonnefoy

Cédric Bonnefoy est journaliste en local à la radio. À côté, il collabore depuis 2022 avec Économie Matin.

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