L’attribution du projet éolien offshore Centre Manche 2 à TotalEnergies marque un tournant industriel pour l’entreprise française et pour l’économie nationale. Bien au-delà des enjeux écologiques, ce contrat pourrait redéfinir les équilibres économiques du secteur énergétique et insuffler une dynamique nouvelle à l’industrie tricolore.
TotalEnergies : un contrat éolien stratégique aux retombées économiques fortes

TotalEnergies accélère sa mutation économique grâce à l’éolien en mer
Le 16 septembre 2025, l’exécutif mené par François Bayrou a désigné TotalEnergies et son partenaire RWE comme lauréats du projet Centre Manche 2, comme l'ont annoncé en exclusivité nos confrères des Echos. Cette décision s’inscrit dans une stratégie économique assumée pour le groupe français, en pleine mutation depuis sa réorientation vers les énergies renouvelables.
Pour TotalEnergies, ce contrat s’ajoute à un portefeuille en forte expansion dans le secteur offshore. La société prévoit d’atteindre 100 GW de capacités renouvelables installées d’ici 2030, un objectif réaffirmé par son PDG Patrick Pouyanné au cours de l’assemblée générale 2025, selon des informations des Échos. Ce nouvel actif stratégique renforce non seulement la diversification énergétique du groupe, mais aussi sa valeur sur les marchés internationaux.
Le positionnement de TotalEnergies dans ce projet s’accompagne d’un effet de levier sur sa compétitivité à long terme. L’éolien offshore, en bénéficiant de prix stabilisés via des contrats à long terme, garantit des revenus récurrents moins soumis à la volatilité des marchés fossiles. D’après l’analyse du site ZoneBourse, ce contrat représente « un gain stratégique pour TotalEnergies, qui ancre sa crédibilité dans le renouvelable tout en confortant sa rentabilité ».
Le projet Centre Manche 2 intervient également à un moment stratégique, alors que la France renforce ses appels d’offres dans l’éolien. La maîtrise de tels projets permet à TotalEnergies d’anticiper une montée en puissance progressive dans un marché estimé à plusieurs centaines de milliards d’euros en Europe d’ici 2040.
Une relance industrielle portée par l’État et ses partenaires
Côté français, l’impact économique du projet dépasse les seules frontières énergétiques. Le cahier des charges de l’appel d’offres favorisait les chaînes d’approvisionnement européennes. Un point que le duo TotalEnergies-RWE a su valoriser. Selon le site Energiesdelamer.eu, « le consortium a mis en avant l’utilisation de turbines fabriquées en Europe, argument déterminant pour remporter le contrat ».
Cette exigence industrielle ouvre la voie à des retombées concrètes. Les ports français de Cherbourg, Le Havre ou encore Saint-Nazaire sont pressentis pour accueillir des activités logistiques et de construction. En clair, le chantier pourrait irriguer l’économie de plusieurs territoires, notamment en Normandie et dans les Pays de la Loire.
D’un point de vue macroéconomique, cette montée en puissance de l’éolien en mer pourrait faire de la France un pôle industriel d’envergure européenne. En intégrant l’éolien dans sa stratégie industrielle, l’État entend à la fois réduire sa dépendance énergétique et stimuler la création de milliers d’emplois dans les filières mécaniques, électriques et navales.
Souveraineté énergétique et valorisation du capital français
Ce projet Centre Manche 2, attribué à une entreprise française de rang mondial, renforce également la souveraineté énergétique du pays. Alors que les tensions géopolitiques ont rappelé la vulnérabilité de l’approvisionnement énergétique européen, produire une part croissante de l’électricité depuis le territoire national devient une priorité stratégique.
En confiant ce contrat à TotalEnergies, l’État réaffirme une volonté de garder sous contrôle les infrastructures critiques de demain. Les revenus générés par la vente de l’électricité, qu’ils soient issus d’enchères ou de contrats régulés, reviendront à des entités fiscales établies en France.
Ce choix améliore également l’image ESG de TotalEnergies. Longtemps critiquée pour sa dépendance au pétrole, l’entreprise inscrit désormais des investissements renouvelables dans son cœur d’activité. Cette orientation, jugée crédible par les agences de notation, pourrait influer positivement sur sa capitalisation boursière et renforcer son attractivité auprès des fonds durables.
Dans ce contexte, la décision du gouvernement Bayrou ne s’analyse pas seulement comme un arbitrage énergétique. Elle s’inscrit dans une logique industrielle, budgétaire et stratégique, où l’éolien offshore devient un vecteur de croissance pour l’entreprise comme pour la Nation.