À trois ans du coup d’envoi des Jeux olympiques de Los Angeles, Donald Trump vient de s’octroyer un nouveau rôle : superviseur en chef de l’événement.
Los Angeles 2028 : Donald Trump s’auto-désigne comme pilote des Jeux Olympiques

Un décret présidentiel, une task force sous contrôle, une Garde nationale prête à l’emploi, et même une invitation à porter la flamme. Trump ne compte pas regarder les JO 2028 depuis sa télévision à la Maison-Blanche. Il veut tenir le gouvernail.
Un comité présidentiel… présidé par le président Trump
Mardi 5 août 2025, Donald Trump a signé un décret créant un « groupe de travail » à la Maison-Blanche pour coordonner les Jeux olympiques et paralympiques de 2028 à Los Angeles. Officiellement appelé « White House Task Force on the 2028 Summer Olympics », ce comité est placé sous sa direction directe. À ses côtés : le vice-président J.D. Vance, plusieurs ministres, des conseillers stratégiques, le directeur du FBI ou encore le secrétaire à la Défense.
L’objectif ? Centraliser la sécurité, les transports, les procédures d'entrée sur le territoire, l'accréditation et la logistique. Le tout sera hébergé et financé par le Département de la Sécurité intérieure.
D’après une note de la Maison-Blanche, relayée par USA Today le 5 août 2025, cette task force devra aussi « simplifier le traitement des visas et l’accréditation des athlètes, entraîneurs, officiels et médias étrangers ».
Dès son discours de présentation, Donald Trump a posé les bases : « Nous ferons tout pour que ces Jeux soient sûrs, y compris utiliser la Garde nationale et des militaires d’active ». Pas vraiment une surprise. En juin 2025, il avait déjà envoyé la Garde nationale à Los Angeles, sans l’accord du gouverneur démocrate Gavin Newsom, pour gérer des manifestations anti-expulsions.
À cette militarisation, Trump ajoute une ligne politique assumée : faire de la sécurité des JO un levier de puissance fédérale. Et tant pis si cela ravive les tensions avec les autorités locales. « Pas très compétents », a-t-il glissé à propos de Newsom et de la maire de Los Angeles, Karen Bass, en critiquant leur gestion des incendies de janvier 2025.
Un jackpot potentiel : 16,5 milliards d’euros dans les tuyaux
Derrière l’agitation politique, l’enjeu économique est immense. Selon les projections compilées par Sport & Société, les Jeux olympiques de Los Angeles 2028 pourraient générer jusqu’à 18 milliards de dollars d’activité économique, soit environ 16,5 milliards d’euros. Les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie, du BTP et des transports sont directement concernés.
Ce chiffre s’accompagne d’une prévision de 90 000 emplois équivalents temps plein, et de 700 millions de dollars (environ 642 millions d’euros) de recettes fiscales pour les territoires hôtes.
Le Congrès a d’ailleurs validé une enveloppe de 1 milliard de dollars (environ 917 millions d’euros) via le « One Big Beautiful Bill Act » voulu par Trump pour couvrir les besoins logistiques et sécuritaires des Jeux.
Trump a profité de l’annonce pour revenir sur un de ses chevaux de bataille : la place des personnes transgenres dans le sport. « Les États-Unis ne laisseront pas des hommes voler les trophées aux femmes pendant les JO 2028 », a-t-il lancé.
À la Maison-Blanche, pas de tension visible. Casey Wasserman, président du comité d’organisation de Los Angeles 2028, est venu remettre à Trump une série de médailles commémoratives des Jeux de 1984. Il a même proposé au président de porter la flamme olympique à travers les 50 États : « Vous êtes plus que bienvenu », a-t-il déclaré.