L’anglais comme facteur économique : la France sous surveillance pour l’indice EF EPI 2025

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By La rédaction Last modified on 12 janvier 2026 11h22
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L’anglais comme facteur économique : la France sous surveillance pour l’indice EF EPI 2025 - © Economie Matin

Dans l'économie mondiale actuelle, une évidence s'est imposée : la performance d'une nation ne se mesure plus uniquement à ses exportations physiques ou à son tissu industriel. Une infrastructure invisible est désormais au cœur du succès ou de la stagnation.

Outre le numérique et l'innovation technologique, la maîtrise linguistique joue un rôle central. Dans ce contexte, l'anglais n'est plus une simple matière scolaire ou un atout culturel. Il est devenu un indicateur économique fondamental qui conditionne l'accès aux marchés et au savoir.

La capacité d'une société à communiquer aisément par-delà les frontières est directement liée à la rapidité de l'innovation et à l'attractivité du territoire pour les investissements directs étrangers. À l'ère du numérique et de la coopération transfrontalière, l'anglais est le système d'exploitation de la chaîne de valeur mondiale.

Trois tendances clés expliquent l'importance cruciale de cette question pour la France en tant que destination d'affaires :

  • L'anglais comme composante de l'infrastructure : les compétences linguistiques sont désormais valorisées au même titre que les compétences numériques telles que la programmation ou l'analyse de données.
  • Compétition mondiale : Les pays qui réduisent les barrières linguistiques attirent plus rapidement les talents et intègrent plus efficacement les innovations technologiques.
  • Valeur ajoutée économique : Il existe une corrélation directe entre les compétences linguistiques des employés et le quota d’exportation d’un pays.

La France se trouve à un tournant décisif à cet égard. L’analyse des chiffres bruts révèle que le chemin vers le leadership mondial est encore long et que le temps presse si elle ne veut pas prendre du retard dans la comparaison européenne.

État des lieux : La France dans la comparaison européenne

La publication du dernier Indice de compétence en anglais (EPI) dresse un constat alarmant du niveau de maîtrise de l'anglais en France à l'échelle internationale. Les résultats pour 2025 sont sans équivoque : malgré quelques progrès ces dernières années, l'écart avec les principales économies européennes persiste. Les données du dernier indice d'EF montrent que si la France a entrepris des réformes de son système éducatif, la mise en œuvre de ces réformes en bénéfices économiques mesurables progresse plus lentement que chez ses voisins européens.

Alors que des pays comme les Pays-Bas, l'Autriche et les pays scandinaves occupent régulièrement les premières places, la France se maintient en milieu de classement européen. Cette situation dépasse le simple cadre d'une question de politique éducative ; elle représente un véritable désavantage concurrentiel. Les économies affichant un niveau élevé de maîtrise de l'anglais bénéficient généralement :

  • D'un revenu national brut (RNB) par habitant plus élevé.
  • D'une plus grande participation au secteur des services à l'échelle mondiale.
  • D'une utilisation plus efficace des données de recherche et des brevets internationaux.

L'indice met en évidence le rôle des barrières linguistiques comme frein à la performance. Dans un monde interconnecté où les modèles économiques sont de plus en plus numériques et transfrontaliers, la maîtrise des langues par la population détermine la rapidité avec laquelle un pays peut réagir aux mutations mondiales. Pour la France, rester en milieu de classement signifie que son potentiel à l'exportation et sa capacité à attirer les entreprises technologiques internationales ne peuvent être pleinement exploités.

Une évidence s'impose : la compétence linguistique n'est pas une question de niveau d'études individuel, mais un élément stratégique de l'infrastructure économique nationale.

L'anglais, une infrastructure plutôt qu'une matière scolaire : un changement de paradigme

Longtemps, la maîtrise de l'anglais a été considérée comme une simple réussite scolaire, une matière validée par une note puis souvent négligée. Mais cette vision est dépassée d'ici 2025. Nous assistons à un changement de paradigme : les compétences linguistiques en anglais doivent désormais être perçues comme une composante essentielle de l'infrastructure nationale, au même titre que le déploiement du réseau de fibre optique ou l'approvisionnement en énergie propre.

Sans une main-d'œuvre maîtrisant l'anglais, la circulation de l'information est entravée. Dans une économie mondialisée, le savoir est la ressource la plus précieuse, et ce savoir est principalement partagé en anglais. Qu'il s'agisse des dernières avancées en intelligence artificielle, des normes logistiques internationales ou des réglementations financières mondiales, ceux qui ne maîtrisent pas la langue sont coupés de la source ou dépendent de traductions fastidieuses.

Cette dimension infrastructurelle est particulièrement visible dans les domaines suivants :

  • Souveraineté numérique : la culture numérique et les compétences linguistiques en anglais sont indissociables. Le développement logiciel, le cloud computing et l'analyse de données reposent sur une logique anglophone.
  • Transfert de connaissances : les innovations émergent rarement de manière isolée aujourd'hui. Les échanges au sein des réseaux internationaux sont une condition essentielle à la diffusion rapide des innovations technologiques dans un pays.
  • Attractivité des investissements : Pour les investisseurs internationaux, la maîtrise des langues par les professionnels locaux est un critère crucial dans le choix d’un site d’implantation. Une barrière linguistique est souvent perçue comme un risque commercial.

La France doit prendre conscience que les investissements dans la formation linguistique ne constituent pas de simples dépenses sociales, mais des investissements dans la viabilité future du pays. Lorsque la maîtrise de l’anglais est considérée comme une compétence économique fondamentale, l’urgence de combler les lacunes en matière d’éducation s’en trouve modifiée. Il ne s’agit plus d’un simple atout, mais bien d’une condition essentielle au fonctionnement de toute une économie.

Le levier des entreprises : Exportation, Innovation et Talents

Si la perspective macroéconomique met l'accent sur la compétitivité nationale, les avantages d'une maîtrise de l'anglais sont encore plus manifestes au niveau de l'entreprise. Pour les entreprises françaises, des start-ups agiles aux groupes industriels établis, la langue constitue un accélérateur essentiel dans trois domaines clés :

  1. Renforcement de la capacité d'exportation

Les entreprises dotées d'équipes maîtrisant les langues bénéficient d'un accès direct aux marchés. Elles sont capables de mener des négociations sans intermédiaires, de rédiger des contrats plus précis et de développer des relations clients plus étroites à l'échelle mondiale. Les barrières linguistiques empêchent souvent les entreprises françaises d'accéder à des marchés lucratifs ou de se faire devancer par des concurrents du Benelux ou d'Allemagne lors d'appels d'offres internationaux, en raison de problèmes de communication.

  1. Accélération des cycles d'innovation

L'innovation se fait aujourd'hui en temps réel. Les dernières recherches, les livres blancs sur les nouvelles technologies et les meilleures pratiques de management sont publiés presque exclusivement en anglais. Les équipes capables d'assimiler et de traiter immédiatement ces informations mettent en œuvre les innovations plus rapidement. Dans une économie où l'avantage du premier entrant détermine souvent les parts de marché, la maîtrise des langues se traduit directement par un gain de temps.

  1. Attractivité des talents

Dans la « guerre des talents » mondiale, la langue de travail est un facteur crucial. Les entreprises qui ont intégré l'anglais comme langue seconde naturelle à leurs processus sont plus attractives pour les professionnels internationaux. Elles sont également plus susceptibles de fidéliser leurs talents locaux, car ces derniers peuvent travailler dans un environnement international sans avoir à quitter la France.

Un niveau élevé de maîtrise de l'anglais est un gage de modernité et d'ouverture. Les entreprises qui investissent dans ce domaine réduisent leurs coûts liés aux consultants et traducteurs externes tout en renforçant leur agilité interne. En bref, la maîtrise de l'anglais au sein des effectifs n'est pas un facteur de coût, mais un atout financier qui se traduit directement par des taux d'exportation et une capacité d'innovation accrus.

L'immersion : un raccourci stratégique

Quand le temps c'est de l'argent, les méthodes d'apprentissage traditionnelles s'avèrent souvent trop lentes. Le moyen le plus rapide de combler le fossé linguistique dans l'économie française est l'immersion totale, grâce à des séjours à l'étranger. Pour les étudiants, les jeunes professionnels et les cadres, il ne s'agit pas d'un voyage de luxe, mais d'une mesure de développement professionnel extrêmement efficace.

Des organismes spécialisés comme EF démontrent que plusieurs semaines de formation dans un pays anglophone offrent souvent des résultats plus durables que des années de cours sporadiques au bureau. En utilisant directement la langue dans des contextes réels, les inhibitions diminuent et les compétences professionnelles sont considérablement acquises. Dans une analyse coûts-avantages, l'immersion l'emporte grâce à son intensité et à l'applicabilité immédiate des connaissances acquises.

Cap sur 2030

La France a le potentiel de rejoindre le cercle des nations les plus compétitives au monde, mais le facteur linguistique ne peut plus être sous-estimé. Les résultats de l'EF EPI 2025 sonnent l'alarme : la maîtrise de l'anglais est le socle de l'infrastructure économique de demain.

Pour les décideurs politiques, cela se traduit par un soutien accru aux programmes de mobilité ; pour les entreprises, par l'intégration des compétences linguistiques dans leur stratégie de développement des ressources humaines. Investir aujourd'hui dans les compétences linguistiques de ses équipes, c'est investir directement dans l'innovation et la réussite à l'export de demain. Oser communiquer à l'international, c'est oser se développer économiquement.

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