La transition énergétique dans le secteur de la mobilité n’est plus une option. C’est une nécessité absolue. Mais derrière les discours flamboyants sur la « décarbonation des transports », une vérité dérangeante s’impose : la mobilité électrique reste un privilège.
La mobilité électrique ne doit pas être un luxe : et si le deux-roues motorisé était la solution ?

Trop chère, trop urbaine, trop souvent associée à une image de confort plutôt qu’à un besoin essentiel, elle demeure hors de portée pour une large partie de la population. Pour les jeunes actifs, les ménages modestes ou ceux qui vivent loin des centres-villes, passer à l’électrique relève encore du parcours du combattant.
Et une transition qui exclut, c’est une transition qui échoue. Si la mobilité électrique devient le marqueur d’une nouvelle élite, elle trahit son objectif : rendre la mobilité plus propre et plus juste.
Le coût, un frein majeur à la démocratisation
Le prix reste aujourd’hui le principal frein à l’adoption des véhicules électriques. Selon le baromètre Peugeot x IFOP (2025), 77 % des Français citent des freins économiques, et 71 % pointent le prix d’achat comme l’obstacle principal.
Mais lorsqu’on parle du “prix de l’électrique”, on pense souvent au coût d’achat, sans prendre en compte le coût d’usage, pourtant déterminant. Sur ce point, le deux-roues électrique change la donne. D’après les données Easy-Watts, un scooter électrique équivalent 50 cm³ coûte 0,75 € pour 100 km, contre 4,5 € pour un modèle thermique. Son entretien annuel revient à 60 €, soit deux fois moins que celui d’un scooter essence. Résultat : un coût d’usage moyen de 10 € par mois, contre 40 € pour le thermique.
À l’usage, l’économie est claire : jusqu’à 550 € d’économies par an selon le modèle. Ce différentiel montre que, si le coût d’acquisition reste un frein, le passage à l’électrique devient rapidement rentable.
Jusqu’au 2 décembre 2024, le bonus écologique pour les deux-roues électriques permettait de réduire ce coût d’entrée, avec une aide allant jusqu’à 900 €. Mais le décret n° 2024-1084 a mis fin à ce dispositif, désormais réservé aux voitures électriques. Une décision regrettable, alors même que les scooters et motos électriques représentent une alternative accessible, efficace et parfaitement adaptée aux usages urbains et périurbains.
Cette suppression souligne la nécessité de repenser les aides publiques. Si l’on veut réellement démocratiser la mobilité électrique, il faut soutenir toutes les formes de mobilité propre, pas uniquement la voiture.
Le deux-roues électrique, la meilleure alternative
La démocratisation de la mobilité électrique passe par un changement de regard. Et si la véritable solution ne se trouvait pas dans la voiture, mais dans le deux-roues ?
- Un coût d’acquisition plus accessible : un scooter électrique coûte en moyenne 3 à 4 fois moins cher qu’une voiture électrique.
- Un coût d’usage imbattable : moins d’1 € pour 100 km, zéro carburant et un entretien minimal.
- Une mobilité fluide et pratique : en ville, le deux-roues permet de contourner les embouteillages et de réduire les temps de trajet domicile-travail.
- Une réponse aux nouveaux usages : trajets urbains, livraisons, déplacements étudiants… autant de besoins pour lesquels la voiture n’est ni adaptée, ni nécessaire.
Le deux-roues électrique est une solution concrète, économique et écologique, qui répond à la fois aux enjeux climatiques et aux contraintes budgétaires des Français.
La mobilité électrique doit être un droit, pas un privilège
Adopter la mobilité électrique, ce n’est pas seulement changer de véhicule : c’est repenser la justice sociale et territoriale. L’électrique ne doit pas être un privilège réservé à ceux qui peuvent se l’offrir, mais un droit. Un droit à la mobilité, à la liberté, à l’équité environnementale.
Pour que la transition soit réussie, elle doit être partagée. L’avenir de la mobilité ne se construira pas seulement sur quatre roues, mais aussi sur deux, trois, ou même une seule. Partout où il y a des besoins de se déplacer proprement, il doit y avoir des solutions accessibles.
La mobilité électrique ne doit pas être un luxe. Elle doit être l’avenir de tous.
