Discrimination à l’embauche : des progrès restent à faire

Par Anton Kunin Publié le 12 décembre 2016 à 21h31
Chomage Emploi Recrutement Discrimination Apparence
11L'écart moyen entre le taux de réponse à une candidature « de souche » et une candidature maghrébine est de 11 points.

Une enquête révèle qu’à niveau de compétences équivalent, les grandes entreprises françaises ont une légère préférence pour les Français de souche.

Une enquête d’envergure

Mesurer, voire chiffrer la discrimination n’est pas une tâche aisée. Alors, pour s’y prendre, le Ministère du Travail a commandé une grosse étude. Pendant quatre mois, des paires de CV soigneusement rédigés pour présenter deux profils équivalents ont été envoyés à 40 grandes entreprises. Dans chaque paire, il y avait un CV comportait un prénom à consonance maghrébine, comme Yacine, Nora ou Khaled, et un autre CV comportant un prénom « de souche », comme Pierre, Marie ou Isabelle. 3 000 candidatures au total ont été envoyées. Les auteurs de l’étude se sont ensuite occupés de mesurer le taux de réponse qu’a généré l’un et l’autre CV. Constat : les CV avec des prénoms « de souche » ont reçu des réponses dans 47 % des cas, contre 36 % des CV maghrébins.

Plusieurs entreprises sont particulièrement discriminatoires

Si la plupart des entreprises testées n’ont pas fait preuve de préférence pour l’un ou l’autre groupe ethnique, 12 entreprises ont présenté des écarts significatifs en défaveur des candidatures « maghrébines ». Ces écarts vont de 15 points (43 % des recruteurs intéressés par la candidature « de souche » contre 28 % pour la candidature « maghrébine ») à 35 points (75 % contre 40 %). Précisons qu’afin d’exclure toute erreur statistique, chaque en entreprise a été testée entre 30 et 40 fois.

La discrimination, un frein de plus pour les Maghrébins

Si la discrimination empêche la pleine participation des ressortissants du Maghreb et de leurs descendants à la vie économique, il faut savoir que cette population subit une double peine, due à d’autres types de discriminations, dont ils sont victimes tout au long de la vie. Une note d’analyse de France Stratégie publiée en mars 2015 fait état de leur milieu socioéconomique plus modeste, des parcours scolaires plus difficiles, d’un moindre accès à l’apprentissage, et d’une concentration spatiale au sein de quartiers et communes cumulant des difficultés économiques et sociales.

Toutes origines confondues, un Français sur trois a déjà été victime d'une discrimination au travail.

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