Une étude exclusive de l’Observatoire de la parentalité numérique dévoilée par France Info révèle un soutien massif des parents à l’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans. Mais cette adhésion s’accompagne d’un scepticisme profond quant à l’efficacité réelle d’une telle mesure.
Réseaux sociaux : plus de 8 parents sur 10 estiment l’interdiction avant 15 ans contournable

L’accès des enfants et des adolescents aux réseaux sociaux est devenu un sujet central du débat public. Entre inquiétudes liées à la santé mentale, exposition à des contenus inadaptés et difficulté de contrôle parental, la question d’un âge minimum légal s’impose. France Info révèle en exclusivité une étude de l’Observatoire de la parentalité numérique (Open) qui éclaire précisément la position des parents français sur ce sujet sensible, à l’heure où le gouvernement envisage un durcissement du cadre réglementaire.
Réseaux sociaux : un large soutien parental à l’interdiction
Selon l'étude de l’Observatoire de la parentalité numérique (Open), près de trois quarts des parents français (74%) se déclarent favorables à une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Le soutien est encore plus marqué lorsque l’âge est abaissé : 89% des parents approuvent une interdiction avant 13 ans, peut-on lire sur le site de France Info.
Cette adhésion massive traduit une inquiétude profonde face à l’omniprésence des plateformes numériques dans le quotidien des enfants. Pour de nombreux parents interrogés dans le cadre de l’étude de l’Observatoire de la parentalité numérique, les réseaux sociaux sont perçus comme des espaces difficiles à contrôler, où les mineurs peuvent être confrontés à des contenus violents, sexuels ou anxiogènes.
Selon France Info, les parents évoquent également la pression sociale exercée par ces plateformes, notamment à travers les mécanismes de comparaison, de likes et de viralité, jugés délétères pour l’estime de soi des plus jeunes. L’interdiction apparaît alors comme un outil de protection, voire comme un soutien à l’autorité parentale face à des usages numériques jugés excessifs.
Une interdiction jugée nécessaire mais largement contournable
Mais cette adhésion de principe est loin d’être synonyme de confiance dans l’efficacité du dispositif. Il ressort de l'étude que 85% des parents estiment qu’une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans serait contournable.
On peut lire sur le site de France Info que cette crainte repose sur des pratiques déjà bien identifiées : création de faux profils, falsification de l’âge lors de l’inscription, utilisation de comptes appartenant à des proches ou encore recours à des outils techniques permettant de masquer l’identité réelle de l’utilisateur.
Cette lucidité des parents met en lumière un paradoxe : si l’interdiction est jugée indispensable sur le plan symbolique et éducatif, elle apparaît insuffisante sans mécanismes de contrôle robustes. Selon France Info, de nombreux parents redoutent que la responsabilité du contrôle repose une fois de plus principalement sur les familles, faute de moyens techniques réellement contraignants imposés aux plateformes.
Les parents soutiennent la mesure, mais doutent de sa faisabilité concrète
Un projet politique sous forte pression sociétale
Les résultats révélés par France Info interviennent dans un contexte politique tendu. Le gouvernement français a fait de la protection des mineurs en ligne un axe prioritaire, évoquant à plusieurs reprises la nécessité de fixer un âge légal pour l’accès aux réseaux sociaux.
Selon France Info, cette étude conforte l’exécutif dans sa volonté de légiférer, en montrant que la demande ne provient pas uniquement des responsables politiques ou des experts, mais bien des parents eux-mêmes. Pour ces derniers, l’interdiction constituerait un cadre clair, facilitant le dialogue familial et limitant les conflits autour du temps d’écran.
Toutefois, la question du contrôle de l’âge reste centrale. Les parents interrogés par l’Observatoire expriment des réserves quant aux solutions actuellement envisagées, notamment la vérification d’identité en ligne, perçue comme intrusive ou techniquement contournable.
Réseaux sociaux, mineurs et santé mentale : une inquiétude persistante
Au-delà de la question réglementaire, l’étude relayée par France Info s’inscrit dans un débat plus large sur les effets des réseaux sociaux sur la santé mentale des enfants et des adolescents. De nombreuses études scientifiques, régulièrement relayées par les autorités sanitaires, pointent un lien entre usage intensif des réseaux sociaux et augmentation des troubles anxieux, du cyberharcèlement ou des problèmes de sommeil chez les mineurs.
Selon France Info, ces préoccupations sont largement partagées par les parents interrogés, qui estiment que les réseaux sociaux exposent trop tôt les enfants à des logiques de performance sociale et de visibilité permanente. L’interdiction avant 15 ans est alors perçue comme une manière de retarder cette exposition, le temps que les adolescents acquièrent une maturité suffisante.
