On parle beaucoup d’intelligence artificielle comme d’un outil. Mais la vraie rupture, ce sont les agents : des logiciels capables d’enchaîner des actions complètes, de bout en bout, dans les outils de l’entreprise. Résultat : dans des dizaines de métiers tertiaires, ce n’est pas “un peu d’aide” qui arrive. C’est une automatisation massive des tâches — parfois 50 %, parfois 80 %, parfois plus.
L’IA va rendre inutiles des pans entiers du travail de bureau : la liste (par grandes familles)

Ce que signifient les pourcentages
Les chiffres ci-dessous ne disent pas “ce métier disparaît”. Ils estiment la part des tâches qui devient automatisable quand des agents savent : lire des documents, extraire des données, remplir des logiciels, appliquer des règles, rédiger, relancer, archiver, produire des preuves. Dans une organisation, remplacer 70 % des tâches peut suffire à supprimer 30 à 60 % des postes — parce que les entreprises n’achètent pas des métiers, elles achètent du volume de travail.
1) Finance, compta, assurance : le règne des procédures
* Comptable (entreprise) : saisie, rapprochements, relances, déclarations et contrôles simples deviennent un flux automatisé connecté aux banques et factures → 70 à 90 %.
* Assistant comptable (cabinet) : production, classement, demandes de pièces, relances, pré-contrôle → 70 à 95 %.
* Expert-comptable (production + standard) : la compta “de base”, la liasse, une partie du conseil répétitif s’industrialise via agents → 60 à 80 %.
* Contrôleur de gestion : consolidation, tableaux de bord, commentaires “variance vs budget”, alertes, reporting → 50 à 75 %.
* Auditeur junior : tests, revues, rapprochements, rédaction de sections standard → 60 à 85 %.
* Analyste crédit junior : collecte, scoring, note standardisée, scénarios normés → 40 à 70 %.
* Gestionnaire sinistres assurance : tri, qualification, calcul selon barèmes, courriers → 60 à 85 %.
* Back-office bancaire : conformité, montage dossier, contrôles, réponses standard → 50 à 80 %.
2) Droit, contrats, formalités : la machine adore la paperasse
* Paralegal / assistant juridique : recherche, synthèses, gestion de pièces, mise en forme → 70 à 90 %.
* Juriste (contrats standard) : contrats types, clauses usuelles, revue “catalogue” → 40 à 70 %.
* Clerc de notaire : collecte de pièces, rédaction sur gabarits, suivi des formalités → 70 à 90 %.
* Notaire (actes standardisés) : automatisation des vérifications et de l’assemblage d’actes pour les cas “normaux” → 50 à 80 %.
* Greffe / formalités (administratif) : enregistrements, contrôles de complétude, notifications → 50 à 80 %.
3) RH, paie, recrutement : le tri et la procédure, cible idéale
* Gestionnaire de paie : calculs, bulletins, attestations, contrôles, réponses standard → 70 à 90 %.
* Assistant RH : documents, convocations, réponses FAQ, suivi administratif → 60 à 85 %.
* Recrutement (premier niveau) : sourcing, présélection, entretiens structurés, comptes-rendus → 50 à 80 %.
4) Commerce, support, relation client : le script devient un agent
* Service client niveau 1 : demandes fréquentes, suivi commande, retours, explications → 70 à 95 %.
* Téléprospection / prise de rendez-vous : qualification, relances, scripts → 70 à 95 %.
* Assistant commercial : devis, relances, CRM, comptes-rendus → 60 à 85 %.
* Conseiller assurance “standard” : comparaison d’offres, dossiers simples, suivi → 40 à 70 %.
5) Marketing, communication, “production de contenus” : abondance instantanée
* Rédacteur marketing : variations, tests de messages, adaptation multi-canaux → 60 à 90 %.
* Community manager (production) : calendrier, posts, réponses standard → 50 à 80 %.
* Traducteur généraliste : traduction fonctionnelle et adaptation → 70 à 95 %.
* Correcteur / relecteur : correction, harmonisation, cohérence → 50 à 80 %.
6) Gestion de projet, administration, direction : tout ce qui “circule” devient automatisable
* Gestionnaire administratif : formulaires, contrôles, relances, archivage → 70 à 90 %.
* Opérateur de saisie : saisie + vérification → 90 à 100 %.
* Assistant de direction : organisation, mails, notes, préparation réunions → 40 à 70 %.
* Office manager : achats, suivi fournisseurs, procédures internes → 40 à 70 %.
* Chef de projet “reporting” : comptes-rendus, plannings, relances, consolidation → 40 à 70 %.
7) Data, informatique, logiciel : le “vibe coding” écrase le bas de la pyramide
* Data analyst (standard) : nettoyage, requêtes courantes, dashboards, commentaires → 50 à 80 %.
* Veille / documentation : collecte, tri, résumés, alertes → 60 à 90 %.
* Support informatique niveau 1 : diagnostic guidé, procédures, réponses → 60 à 90 %.
* Testeur logiciel : tests standard, génération de cas, rapports → 50 à 80 %.
* Développeur junior : code répétitif, tests, refactor, scripts, doc — accéléré par “vibe coding” → 50 à 80 %.
8) Immobilier et services urbains : l’administratif est le premier à tomber
* Gestionnaire locatif : quittances, relances, états, suivi standard → 50 à 80 %.
* Agent immobilier (part administrative) : annonces, collecte pièces, relances, pré-qualification → 40 à 70 %.
On comprend alors le vrai danger : l’IA ne “remplace” pas un métier comme on remplace une machine. Elle mange des tâches. Et comme le tertiaire est fait de tâches, l’effet n’est pas marginal : il devient arithmétique. Si les agents arrivent à enchaîner correctement des actions dans les outils (compta, CRM, paie, gestion, juridique), la question n’est plus “qui va utiliser l’IA”. La question devient : combien de travail restera-t-il à distribuer aux humains ?
