L’IA va rendre inutiles des pans entiers du travail de bureau : la liste (par grandes familles)

On parle beaucoup d’intelligence artificielle comme d’un outil. Mais la vraie rupture, ce sont les agents : des logiciels capables d’enchaîner des actions complètes, de bout en bout, dans les outils de l’entreprise. Résultat : dans des dizaines de métiers tertiaires, ce n’est pas “un peu d’aide” qui arrive. C’est une automatisation massive des tâches — parfois 50 %, parfois 80 %, parfois plus.

Photo Jean Baptiste Giraud
By Jean-Baptiste Giraud Last modified on 26 février 2026 15h32
Ia Remplacement Codage Metiers
L’IA va rendre inutiles des pans entiers du travail de bureau : la liste (par grandes familles) - © Economie Matin
70%Certains métiers tertiaires sont automatisables à plus de 70%.

Ce que signifient les pourcentages

Les chiffres ci-dessous ne disent pas “ce métier disparaît”. Ils estiment la part des tâches qui devient automatisable quand des agents savent : lire des documents, extraire des données, remplir des logiciels, appliquer des règles, rédiger, relancer, archiver, produire des preuves. Dans une organisation, remplacer 70 % des tâches peut suffire à supprimer 30 à 60 % des postes — parce que les entreprises n’achètent pas des métiers, elles achètent du volume de travail.

1) Finance, compta, assurance : le règne des procédures

* Comptable (entreprise) : saisie, rapprochements, relances, déclarations et contrôles simples deviennent un flux automatisé connecté aux banques et factures → 70 à 90 %.
* Assistant comptable (cabinet) : production, classement, demandes de pièces, relances, pré-contrôle → 70 à 95 %.
* Expert-comptable (production + standard) : la compta “de base”, la liasse, une partie du conseil répétitif s’industrialise via agents → 60 à 80 %.
* Contrôleur de gestion : consolidation, tableaux de bord, commentaires “variance vs budget”, alertes, reporting → 50 à 75 %.
* Auditeur junior : tests, revues, rapprochements, rédaction de sections standard → 60 à 85 %.
* Analyste crédit junior : collecte, scoring, note standardisée, scénarios normés → 40 à 70 %.
* Gestionnaire sinistres assurance : tri, qualification, calcul selon barèmes, courriers → 60 à 85 %.
* Back-office bancaire : conformité, montage dossier, contrôles, réponses standard → 50 à 80 %.

2) Droit, contrats, formalités : la machine adore la paperasse

* Paralegal / assistant juridique : recherche, synthèses, gestion de pièces, mise en forme → 70 à 90 %.
* Juriste (contrats standard) : contrats types, clauses usuelles, revue “catalogue” → 40 à 70 %.
* Clerc de notaire : collecte de pièces, rédaction sur gabarits, suivi des formalités → 70 à 90 %.
* Notaire (actes standardisés) : automatisation des vérifications et de l’assemblage d’actes pour les cas “normaux” → 50 à 80 %.
* Greffe / formalités (administratif) : enregistrements, contrôles de complétude, notifications → 50 à 80 %.

3) RH, paie, recrutement : le tri et la procédure, cible idéale

* Gestionnaire de paie : calculs, bulletins, attestations, contrôles, réponses standard → 70 à 90 %.
* Assistant RH : documents, convocations, réponses FAQ, suivi administratif → 60 à 85 %.
* Recrutement (premier niveau) : sourcing, présélection, entretiens structurés, comptes-rendus → 50 à 80 %.

4) Commerce, support, relation client : le script devient un agent

* Service client niveau 1 : demandes fréquentes, suivi commande, retours, explications → 70 à 95 %.
* Téléprospection / prise de rendez-vous : qualification, relances, scripts → 70 à 95 %.
* Assistant commercial : devis, relances, CRM, comptes-rendus → 60 à 85 %.
* Conseiller assurance “standard” : comparaison d’offres, dossiers simples, suivi → 40 à 70 %.

5) Marketing, communication, “production de contenus” : abondance instantanée

* Rédacteur marketing : variations, tests de messages, adaptation multi-canaux → 60 à 90 %.
* Community manager (production) : calendrier, posts, réponses standard → 50 à 80 %.
* Traducteur généraliste : traduction fonctionnelle et adaptation → 70 à 95 %.
* Correcteur / relecteur : correction, harmonisation, cohérence → 50 à 80 %.

6) Gestion de projet, administration, direction : tout ce qui “circule” devient automatisable

* Gestionnaire administratif : formulaires, contrôles, relances, archivage → 70 à 90 %.
* Opérateur de saisie : saisie + vérification → 90 à 100 %.
* Assistant de direction : organisation, mails, notes, préparation réunions → 40 à 70 %.
* Office manager : achats, suivi fournisseurs, procédures internes → 40 à 70 %.
* Chef de projet “reporting” : comptes-rendus, plannings, relances, consolidation → 40 à 70 %.

7) Data, informatique, logiciel : le “vibe coding” écrase le bas de la pyramide

* Data analyst (standard) : nettoyage, requêtes courantes, dashboards, commentaires → 50 à 80 %.
* Veille / documentation : collecte, tri, résumés, alertes → 60 à 90 %.
* Support informatique niveau 1 : diagnostic guidé, procédures, réponses → 60 à 90 %.
* Testeur logiciel : tests standard, génération de cas, rapports → 50 à 80 %.
* Développeur junior : code répétitif, tests, refactor, scripts, doc — accéléré par “vibe coding” → 50 à 80 %.

8) Immobilier et services urbains : l’administratif est le premier à tomber

* Gestionnaire locatif : quittances, relances, états, suivi standard → 50 à 80 %.
* Agent immobilier (part administrative) : annonces, collecte pièces, relances, pré-qualification → 40 à 70 %.

On comprend alors le vrai danger : l’IA ne “remplace” pas un métier comme on remplace une machine. Elle mange des tâches. Et comme le tertiaire est fait de tâches, l’effet n’est pas marginal : il devient arithmétique. Si les agents arrivent à enchaîner correctement des actions dans les outils (compta, CRM, paie, gestion, juridique), la question n’est plus “qui va utiliser l’IA”. La question devient : combien de travail restera-t-il à distribuer aux humains ?

Photo Jean Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin.  Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time.  En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007. Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an. En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier.  Éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018, Il a également présenté le « Mag de l’Eco » sur RTL de 2016 à 2019, et « Questions au saut du lit » toujours sur RTL, jusqu’en septembre 2021.  Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont « Dernière crise avant l’Apocalypse », paru chez Ring en 2021, mais aussi de "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ou encore du " Guide des bécébranchés" (L'Archipel).

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