Les gestionnaires de flottes automobiles, également touchés par le "Dieselgate"

30 MILLIARDS $
Le DieselGate a coûté plus de 30 milliards de dollars à Volkswagen.

Bien que Volkswagen AG ait commencé à rattraper son retard en matière d’écologie et prévoie d'investir massivement dans les voitures électriques, il reste néanmoins l’un des constructeurs automobiles à l’origine du “Dieselgate”. Il est à présent le seul à avoir admis l’emploi de logiciels frauduleux visant à dissimuler les niveaux réels d’émissions de gaz.  

Ce que l’on connait aujourd’hui sous le nom de “Scandale du Diesel” est l’une des affaires de tromperie commerciale parmi les plus médiatisées de ces dernières années. Entre 2009 et 2015, 11 millions de voitures à l’échelle mondiale sont sorties de la chaîne de production avec un logiciel frauduleux, leur permettant de déjouer les tests d’émissions de NOx (Oxydes d’azote). Cela concernait les modèles Audi, Seat, Skoda et – majoritairement – Volkswagen.

Au-delà du préjudice flagrant pour l’environnement et la santé publique, cela a engendré un préjudice certain pour les consommateurs ayant été ainsi trompés. Les particuliers ayant acheté un véhicule sont souvent mis en avant, mais ils ne sont pas les seuls concernés. Sur les 11 millions de voitures équipées d'un logiciel frauduleux par Volkswagen, 1 véhicule sur 6 était en réalité une voiture de société. Cela représente environ 1,8 million de voitures de société.

Saviez-vous que la grande majorité des voitures équipées d'un logiciel d'altération sont distribuées sur notre continent ? Sur les 11 millions de véhicules touchés, 8,5 millions de véhicules sont européens (dont 1 million environ français). Rien de surprenant à cela, quand on pense au succès de la Volkswagen Golf en Europe, et notamment auprès des gestionnaires de parcs automobiles.  

Lorsque le scandale a éclaté, Volkswagen a admis sa faute et a tenté de corriger ses erreurs en rappelant les voitures concernées et en actualisant le logiciel en question. Mais cela ne s'est pas déroulé sans accroc.

Aux États-Unis, en Australie ou encore au Canada, Volkswagen AG a déjà dû verser plusieurs milliards de dollars en dommages et intérêts et payer des amendes conséquentes pour avoir enfreint la législation environnementale. Il en résulte une forme de justice asymétrique vis-à-vis de l’Europe, où les particuliers et professionnels ayant acheté ou loué les véhicules concernés n’ont bénéficié d’aucune compensation. Mais la situation semble à présent en train d’évoluer dans plusieurs pays du vieux continent – dont la France.

De nombreux dommages sociaux, environnementaux et financiers

L’ampleur de ce scandale s’explique non seulement par l’importance de la tromperie, mais aussi par ses conséquences néfastes à plusieurs niveaux. En matière de santé publique, tout d’abord, une étude publiée par plusieurs chercheurs européens en 2017 dans la revue scientifique Environmental Research Letters estime qu’à l’échelle mondiale, 5000 morts annuels peuvent être imputées au Dieselgate. Les NOx sont en effet des gaz hautement nocifs pour la population, et provoque notamment de graves troubles respiratoires.

Au niveau de l’environnement, ces gaz sont néfastes pour la végétation et les différents écosystèmes. Une étude britannique a, par exemple, permis de montrer leur impact sur la disparition d’un grand nombre de colonies d’abeilles.

Du point de vue des clients – consommateurs particuliers comme entreprises – le constat est également effarant. Les 11 millions de propriétaires ou locataires de voitures concernées ont reçu un véhicule qui ne répondait pas (et ne répond toujours pas) aux normes fixées par l’UE. Encore plus grave, leurs voitures ne sont pas en adéquation avec le certificat de conformité européen dont la validité pourrait être mise en cause. Méconnaissant la situation, les responsables de flottes établi un grand nombre de contrats de location relatifs aux véhicules Volkswagen, qui n’aurait sans doute pas été sollicité s’ils avaient connu la fraude. Les gestionnaires de flotte et les entreprises disposant d'un parc de véhicules sont donc indéniablement impactés, ayant investi pour acquérir des véhicules qui ne respectaient pas les normes et qui ont rapidement perdu de la valeur.

Depuis cet épisode, le groupe Volkswagen AG s'est efforcé de soigner son image et de tendre vers une production de véhicules “propres”. D'ici 5 ans, Volkswagen AG espère avoir mis sur le marché 1 million de voitures électriques. Avant que nous saluions cette avancée, nous sommes convaincus que le Groupe doit assumer sa responsabilité des actes du passé, indemniser les consommateurs et les gestionnaires de flottes ainsi que dédommager le préjudice provoqué à l'environnement par la Fraude au Diesel. Différentes actions allant dans ce sens, en France comme à l’échelle européenne, sont en cours. C’est notamment le cas de notre fondation. 


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